Vanderhaeghe ne lâche pas l'affaire: "Cela pourrait être un magnifique challenge pour moi"

Signal Foot BE est parti à la rencontre du très sympathique Yves Vanderhaeghe. Diables Rouges à quarante-huit reprises, plusieurs fois champion avec Anderlecht, l'entraîneur flandrien a accepté de revenir sur ses différentes expériences. La situation actuelle du RSCA est également un sujet sur lequel, le natif de Roulers a accepté de donner son avis.
Tu es libre de tout contrat depuis février dernier, comment vis-tu cette situation ?
Après trente-deux ans dans le milieu du ballon rond, j'en ai d'abord profité pour enfin prendre du temps pour moi. Il faut néanmoins que j'avoue que le football me manque et qu'après 3 mois sans être sur les bords de terrain, cela commence désormais à faire un peu long.
Jusqu'à présent tu n'as connu qu'une seule expérience à l'étranger, c'était en tant que coach d'un club saoudien, qu'en retiens-tu finalement ?
C'était quelque chose de nouveau pour moi. Une belle expérience culturelle malgré que le club où j'étais ne payait pas les salaires. Malgré ce détail, je me souviens qu'on avait un super noyau et avec lequel on avait su tout de même enregistrer d'assez bons résultats. D'ailleurs, cela ne me dérangerait pas de repartir à l'autre bout du monde. Je suis également convaincu par le fait qu'une aventure en Afrique pourrait être un magnifique challenge pour moi. Je ne referme aucune porte.
Lors de ton passage, au début des années 2000, au Sporting d'Anderlecht, tu avais réalisé de belles choses. Aujourd'hui le RSCA traverse un long passage à vide, quel est ton avis sur la situation ?
Cela fait quand même un bon bout de temps que ça ne va plus trop pour les Anderlechtois. Chaque année, on espère que cela va enfin, à nouveau, aller mieux mais huit ou neuf ans sans titre remporté, c'est tout de même énorme pour un club de ce standing. Les supporters n'ont pas l'habitude de cela mais ils devront, qu'on se le dise, être encore patients même si jusqu'ici, je trouve qu'ils l'ont déjà été assez suffisamment. Et d'un avis purement personnel, je ne crois pas que c'est cette année que les Mauves réussiront à retrouver le chemin du succès. Il faut aussi dire que les Bruxellois recrutent souvent, pour ne pas dire toujours, de jeunes joueurs. A titre de comparaison avec le Club Bruges, par exemple, il y'a une certaine stabilité là-bas. Les dirigeants flandriens construisent autour de cadres tels que Mignolet, Mechele et Vanaken. Le RSCA, de son côté, doit se construire un axe et ensuite dessiner les contours. Cela saute aux yeux que l'effectif mis à la disposition de Besnik Hasi manque d'expérience.
Ces dernières semaines, as-tu reçu des offres concrètes ?
Malheureusement, je dois vous avouer que je n'ai encore, pour l'instant, rien reçu de vraiment concret. J'envoie des CV chaque semaine dans l'espoir de pouvoir faire mon retour dans le monde du football. J'ai récemment postulé à Dender suite au départ d'Euvrard mais aucune réponse de la part de sa direction. Ces derniers temps, je me suis également tourné vers les sélections nationales. Reste désormais plus qu'à voir où cela m'emmènera.
Lors de ta carrière de joueur, tu as côtoyé du beau monde, lequel t'a le plus impressionné ?
Ah (sourire), sans aucun doute, Aruna Dindane. A l'époque, lors de son arrivée à Anderlecht, il était jeune mais déjà un très grand athlète. Physiquement, il était puissant et musclé ... le pire dans tout ça, c'est qu'il m'avait confié qu'il n'avait pourtant jamais fait de musculation. J'en ai très rapidement déduit qu'il était ni plus ni moins qu'un talent naturel.
Carte blanche, tu peux aller entraîner dans le club de ton choix. Pour quelle destination opterais-tu ?
Anderlecht. Pourquoi ne pas faire mon retour où j'ai connu les plus beaux moments de ma carrière de joueur ? Sinon, des clubs comme le FC Malines, le Racing Club de Genk ou encore Louvain sont également des clubs avec des noyaux particulièrement qualitatifs. J'ai toujours gardé cette étiquette de "pompier de service", celui qui débarque quelque part dans le seul et unique but de sauver l'équipe des griffes d'une relégation et cela malgré le fait que j'ai, toutefois, aussi réussi à qualifier certaines de mes équipes en Champions Play-offs. Dommage que je n'ai pas pu vraiment continuer de bosser avec des équipes bien ancrées dans le haut du tableau.
Ton top 3 des meilleurs entraîneurs belges de l'histoire ?
1) Guy Thijs, 2) Hugo Broos, 3) Franky Vercauteren.
Est-ce que l'on peut dire que Vanderhaeghe est aussi épanoui en tant que joueur que coach ?
Non, quand tu es joueur, tu dois juste t'entraîner et te soigner lorsque tu rencontres quelques pépins physiques. La différence avec le poste d'entraîneur où tout s'enchaîne rapidement. Le T1 n'a jamais fini de penser. C'est un métier un peu fou, certes, mais que j'aime beaucoup. Le football est ma passion depuis mes 4 ou 5 ans, je ne peux pas la laisser de côté.
Quel conseil aurais-tu à donner aux personnes qui ont un rêve dans la vie ?
Dans ma jeunesse, j'ai toujours rêvé de pouvoir devenir un joueur de football professionnel. Je ne peux pas nier que ce fut un long ... très long chemin. Si tu te bats pour ton rêve et que tu ne comptes pas les efforts pour y'arriver, tu finis toujours par atteindre les étoiles. Ceci dit, il faut aussi faire d'énormes sacrifices. En résumé, celui qui y croit et qui met toutes les chances de son côté y arrivera.
Si tu pouvais rejouer un seul match de toute ta carrière de joueur, lequel choisirais-tu ?
Incontestablement celui de la Coupe du Monde 2002 ... face au Brésil (0-2). Le but inscrit par Marc Wilmots aurait dû être validé. On avait très bien joué mais les décisions arbitrales n'avaient clairement pas été à la hauteur de l'événement. Une pilule qui, plus de vingt ans après, n'est toujours pas passée.
Merci à monsieur Yves Vanderhaeghe d'avoir accepté de répondre à mes quelques questions. En espérant désormais le revoir, le plus rapidement possible, aux commandes d'un club où d'une sélection à la hauteur de ses ambitions.
